Mardi 20 décembre 2011 2 20 /12 /Déc /2011 08:29

Dr Claude-Émile Tourné[2]

 

Il me semble d’abord nécessaire de définir ce que sont pour moi les solidarités ; ou a tout le moins ce que j’entends par ce mot., le sens que j’y mets.

Je rappelle que chaque mot a dans le langage une signification, produit d’une évolution historique,  fixée et déterminée par les dictionnaires ou les ouvrages savants.

Pour celui qui nous occupe, et pour un colloque organisé dans le cadre d’une faculté de droit, sa signification juridique est claire et sera exposée par d’autres[3]. Ceci est indispensable quand on veut réfléchir sur un thème comme celui-là car la signification est et demeure inconsciente. Quand on utilise ce mot, il acquiert un sens. C’est sous cette forme qu’il émerge à la conscience. Ce sens est propre à chacun dans le moment et dans le lieu. Il est variable et peut être modifié d’une minute à l’autre en fonction des conditions objectives, mais aussi des conditions subjectives liées aux apports extérieurs qui modifient l’état éducatif. C’est le propre d’un colloque que de modifier l’état éducatif de ses participants. Au moment où il prend la parole, c’est le sens dans ce moment et dans ce lieu, que l’intervenant cherche à faire partager. [4]

 

La solidarité, c’est ce qui vient en contraste avec la charité.

 

La charité induit la notion de déséquilibre entre le donateur et le receveur. Ce dernier est en situation de dette immédiate et insoluble. Elle implique que le receveur soit demandeur de charité : son prototype est le mendiant.

Dans nos sociétés, ce comportement est lié à la rédemption possible du péché de richesse (cf. les évangiles : le chas d’une aiguille et le chameau) dont il est un mode de réalisation. Il peut même être érigé en « pilier » pour l’Islam. Dans ce dernier cas, il est plus impersonnel.

Les actions humanitaires s’inscrivent dans cette logique de la charité. Leur intégration dans les processus de rédemption collective du péché de pillage des ressources du tiers-monde, passées et présentes, (et qui continuent à assurer le niveau de vie des nations « développées ») est assurée par des mesures incitatives. La société les reconnaît et les indemnise par des mesures fiscales adaptées (articles 200 et 238 bis du CGE).[5]

Ainsi définie, la charité induit de la part du receveur une « dette » impossible à rembourser qui se transforme tôt ou tard en haine féroce.

 

La solidarité concerne des sujets à égalité dans l’échange. Le fait que certains aient plus de possibilités que d’autres n’entraîne pas de disparité. C’est la notion de citoyenneté sous-jacente qui emporte le sens de la solidarité.

Dans une communauté humaine, c’est la mise en commun de ressources actuelles en prévision de difficultés à surmonter, individuellement ou collectivement.

Elle a fait ses preuves dans l’organisation des « Sociétés de Secours Mutuel » ayant conduit à la fondation des Mutuelles avant leur destruction par la loi de 1992 qui les met en concurrence avec des assurances privées qui n’ont plus de mutuelles que le nom.

Notre Roussillonnaise en est un exemple pertinent et sa désorganisation progressive d’Union de Sociétés Mutualistes en  « entreprise » lui a fait perdre son âme. Médéric-Malakoff est un exemple parfait a contrario. N’ayant de mutuelle que le nom, cette société bénéficie de la situation spéciale de son PDG (qui s’appelle Sarkozy…) pour rafler les marchés de l’assurance complémentaire santé dans les collectivités territoriales.

Sur l’origine des Mutuelles voir « Germinal » de Zola.

Dans la grande communauté humaine mondiale, c’est la mise à disposition par les communautés les plus avancées de ressources matérielles et humaines destinées à permettre aux plus démunis de rattraper leur retard de développement.

À mettre en relation avec la pratique immémoriale du potlatch, retrouvée dans la plupart des civilisations non polluées par l’idéologie dite judéo-chrétienne. C’est un système de dons/contre-dons dans le cadre d'échanges non marchands.

 

Les nouvelles solidarités doivent prendre en compte ces éléments.

 

Notre action en pays Afar et ses enseignements actuels :

 

L’origine : il s’agissait d’une simple mission d’expertise dans le cadre d’une action contre les Mutilations Génitales Féminines menée par l’Association Femmes Solidaires[6]. 

 

La localisation géographique :c’est la zone 5 de l’État Régional Afar en République d’Ethiopie.

 

Le point de départ :

-       Une rencontre « inopinée » avec des responsables locaux et échange sur une situation considérée comme « critique » par ces responsables.

Il s’agissait de l’effroyable mortalité maternelle et infantile dans le pays Afar Éthiopien. Elle aboutit à constater dans les évaluations démographiques qu’il manque UNE FEMME SUR QUATRE au moment des comptages.

-       Une demande d’aide pour remédier à cette situation.

 

Élaboration d’un projet prenant en compte le but (lutter contre les Mutilations Génitales Féminines) et les moyens basés sur le principe de solidarité

Plutôt que de « faire la morale », mettre en place les moyens de lutte contre les autres causes de morbidité et mortalité pour faire apparaître la responsabilité des MGF dans la morbidité et la mortalité maternelles, pour en faire prendre conscience sur place et aboutir à leur abandon.

 

Évaluation en commun de la situation et des possibilités de solutions.

Un bâtiment à visée hospitalière venait d’être parachuté dans ce désert à plus de 150 km de la première route asphaltée, sans budget pour le matériel ni pour le personnel, sans eau ni électricité. Aucun soignant afar de quelque niveau de formation que ce soit.

 

Mise en route des actions permettant de réunir les éléments matériels de la solution.

Création d’un collectif d’associations [7]pour la logistique et l’organisation.

Collecte de matériel médico-chirurgical réformé et reconditionné auprès de cliniques et d’hôpitaux partenaires[8]. Empotage et expédition d’un conteneur de 33 m3.

 

Mise en place de ces éléments matériels en collaboration étroite et co-responsable avec les autorités locales

Installation du matériel dans les locaux préalablement nettoyés et maintenus propres.

 

Evaluation des besoins induits, essentiellement humains mais aussi techniques, par cette mise en place afin d’en réaliser la mise en œuvre.

Formation de personnel de maintenance. Plan de mise en place de l’adduction d’eau et d’électrification (avec des partenaires comme Électriciens Sans Frontières). Organisation d’un réseau de soins périnataux pour la distribution de médicaments et la surveillance des grossesses.

 

Evaluation des possibilités locales en ressources humaines et matérielles.

Dans un contexte d’absence totale de soignants (accès à l’école de cette population depuis une quinzaine d’années au maximum) on décide de s’appuyer sur les sages-femmes traditionnelles (ullat-inas). Les autorités sont invitées à participer aux décisions et à mettre en œuvre une part qui leur est dévolue.

 

Formation des personnels nécessaires

Formation de base des sages-femmes traditionnelles (ullat-inàs). Organisation pyramidale du réseau de soins. Formation d’un échographiste et d’un responsable global du projet, tous deux afars francophones d’origine djiboutienne.

 

Création de structures associatives, engagement des autorités locales dans les actions y compris le financement.

L’association locale ACISDA prend en charge la maîtrise d’ouvrage de l’ensemble. Le gouvernement de la zone 5 et celui de l’État Régional afar sont sollicités et s’engagent y compris financièrement.  Le Comité Interafricain contre les MGF donne son aval. L’ambassade de France donne son soutien.

 

Au bout du compte, il s’agit d’aboutir à l’« autorisation » objective des acteurs locaux qui se mobilisent et se vivent comme « auteurs » de ces actions, la solidarité extérieure ne conservant  que sa valeur d’appoint (même si elle était absolument déterminante en tout ou en partie).[9]

 

Enfin, il me paraît intéressant, dans ce contexte, de dire un mot sur la notion d’espaces francophones.

Les espaces francophones doivent être pris en compte non pas seulement comme des « territoires de chasse » particulièrement attractifs pour les actions de solidarité du fait de la facilité linguistique. Et surtout pas seulement comme des lieux de rédemption des péchés coloniaux et néo-coloniaux induisant forcément la charité et pas la solidarité.

Ils doivent être valorisés comme des espaces de diffusion d’une culture dont la philosophie des Lumières est le fondement et la langue française le véhicule. Ils doivent être protégés et amplifiés.

À côté des espaces francophones historiquement constitués, il y a donc des « espaces francophones » potentiels. Le pays Afar en est un. Dans cet espace, la demande est implicite. Elle repose sur des données historiques plus ou moins conscientes à partir de l’expérience djiboutienne à l’origine des seules élites instruites que possède le peuple Afar. À ce jour, les seuls Afars ayant accédé à une instruction puis à des études jusqu’au plus haut niveau l’ont fait en langue française (langue officielle du Territoire Français des Afars et des Issas, puis de la République de Djibouti). L’unité profonde du peuple Afar (malgré la partition de son territoire entre 3 entités étatiques) les pousse objectivement vers la langue française. 

 

Encore faut-il adopter de ce point de vue une attitude offensive face au tout-anglais, au globish-business imposé par les financiers de la mondialisation états-unienne dans le monde entier. Et en particulier en Éthiopie où l’anglais est obligatoire dans l’enseignement aux côtés de l’amharique (langue officielle) et des langues régionales.

Encore faut-il garder déjà notre pays comme espace francophone privilégié. Le français y est en effet menacé par les politiques publiques de vassalisation systématique à l’empire états-unien et à ses alliés anglo-saxons. Or il nous semble que c’est un vrai combat de civilisation qui se joue dans cette bataille.[10]

Et l’expérience actuelle montre que c’est combat difficile, mené par quelques associations maltraitées par les médias. [11]

 

Et à l’extérieur, insister pour que le français, langue officielle de l’ONU à égalité avec l’anglais dès l’origine, soit toujours utilisé sans concession à l’anglais ou à aucune autre langue, où que ce soit, particulièrement par les diplomates, scientifiques, commerçants, ou autres, ambassadeurs de facto de la France, et ipso factoambassadeurs de la langue française.

 



[1] COLLOQUE INTERNATIONAL « SOLIDARITÉS, VIVRE ENSEMBLE DANS LES ESPACES FRANCOPHONES » Perpignan Vendredi 16 Décembre 2011

[2] Gynécologue-Obstétricien (e.r.), ex-directeur du DU Naissance et Société. Université de Perpignan 1991-2000. Président du Collectif d’Associations Mieux Naître en Afrique.

[3] Voir infra intervention d’Aldo Rizzi

[4] C-E Tourné – Le Naître Humain, cette Naissance qui vient à l’homme. L’Harmattan 1999 p.11 et suivantes

[5] C-E Tourné – Action humanitaire et solidarité, ce n’est pas le même combat - http://el-sirachaire.over-blog.com

[6] www.femmes-solidaires.org/

[7] Mieux Naître en Afrique réunissant ADER Mieux Naître en Catalogne Nord, Amitié Solidarité Afrique, Comité Départemental Femmes Solidaires 66, Club Soroptimist 66 et Entraide des Afars en France

[8] Cliniques La Roussillonnaise et Saint Pierre, hôpitaux Annecy, Tenon, Centre de pneumologie…

[9] pour plus d’informations ibidem note 3

[10] C-E Tourné A propos de la théorie du « genre » ibidem note 3

[11] http://www.courriel-languefrancaise.org/

Par el sirachaire - Publié dans : mission en pays Afar
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Lundi 28 novembre 2011 1 28 /11 /Nov /2011 20:42

 De la langue et de son utilisation pour formater les consciences

 

Une des particularités du langage, au-delà mais en liaison étroite avec son essence d’outil de la pensée et de moyen de communiquer avec les autres et avec soi-même, c’est de pouvoir être utilisé dans le formatage des esprits.

 

L’information, c’est-à-dire la mise en forme des consciences, passe par les moyens de communication, actuellement dénommés médias. Leur rôle est double : d’une part détourner l’attention de l’essentiel, d’autre part imposer une vision des choses qui soit en adéquation avec les intérêts des classes dominantes de la société.

 

En effet, dans une société comme la nôtre, certains bénéficient de la propriété des moyens de production, c’est une minorité, les autres doivent vendre leur force de travail aux premiers et reçoivent en échange un salaire. C’est le principe du capitalisme. Au cours du processus de travail, les salariés créent de la plus-value qui s’ajoute à la valeur des matières premières sur lesquelles s’exerce leur activité. Cette plus-value appartient à celui qui détient les moyens de production. Le salaire est pour le salarié une rétribution qui lui permet d’assurer sa survie et celle de sa famille, c’est-à-dire sa capacité à revenir le lendemain avec une force de travail renouvelée, chaque jour pour lui, et à chaque génération pour sa descendance.

La différence entre la valeur créée et le salaire versé est la plus-value qui alimente le capital. C’est-à-dire que sur une journée de travail, de 8 heures par exemple, seules 2 ou 3 heures sont rémunérées à la valeur de leur production, les autres sont gratuites pour le patron et participent à l’accumulation capitaliste.

Le rôle des médias sera donc d’éviter à tout prix que les salariés prennent conscience du fait que seule une partie de la valeur créée leur est restituée sous forme de salaire et que le différentiel entre les deux est un espace où ils peuvent revendiquer des améliorations.

Et, bien entendu, que cette plus-value confisquée pourrait être socialisée dans un système où la propriété des moyens de production serait elle aussi sociale et collective.

 

Le langage joue ici un rôle particulièrement important. En effet, il faut à tout prix éviter que soient évidentes les manipulations, les dissimulations de la vérité, voire les contrevérités indispensables à la fonction des médias.

Et un des moyens utilisés pour atteindre ce but est le changement d’un certain nombre de mots dont l’importance est grande pour désigner les situations résultant de l’exploitation.

Il ne s’agit pas alors des glissements sémantiques inhérents à l’histoire d’une langue en rapport avec l’histoire du peuple qui l’utilise, glissements « naturels » comme expression de ces processus historiques.

 

On se souvient qu’un mot dans le langage a une signification, résultat de l’évolution historique de la société où il est utilisé comme moyen de communication. Cette signification est la même pour tous les membres de la société. La signification est enseignée par les savants ou sages qui servent de référence en cas de litige. Dans les sociétés où l’écriture a pris sa place dans la transmission du langage, les dictionnaires fixent cette signification.

Dans les processus mentaux de conscientisation, la signification est inconsciente, elle n’affleure pas à la conscience, seul le sens a cette propriété. Or le sens est changeant en fonction des individus, des situations, des expériences accumulées.

Dans un moment et dans un lieu, pour un individu donné, la signification est le résultat de l’enseignement reçu, de la transmission culturelle par le langage, que celui-ci soit un langage sonore articulé, un langage des signes ou un langage écrit. Elle peut être totalement artificielle, voire manquer totalement chez des personnes ayant vécu dans un environnement culturel raréfié.

Ce qui est sûr c’est que cette signification est évolutive dans le temps, produit de l’évolution historique.

Exemple : prenons le mot information.

Au sens étymologique, l'information est ce qui donne une forme à l'esprit. Elle vient du verbe latin informare, qui signifie "donner forme à" ou "se former une idée de". Elle s’est imposée progressivement comme une mise à disposition d’éléments de connaissance d’un phénomène, destinés à permettre sa conscientisation. Elle est alors affublée d’une kyrielle d’adjectifs indispensables pour faire sens : objective, asymétrique… et souvent mise au pluriel, pour en désigner l’émission médiatique.

 

Le sens est par définition changeant. Il est fonction de l’état éducatif de l’individu qui cumule un savoir, issu de l’enseignement, et des connaissances issues de l’expérimentation au jour le jour des situations vécues. S’y ajoutent les conditions de la perception sensible des éléments de la réalité.

 

La novlangue (Newspeak en anglais) est la langue officielle d’Océania, inventée par George Orwell pour son roman « 1984 » (publié en 1949) ; c’est une « simplification lexicale et syntaxique de la langue destinée à rendre impossible l’expression des idées subversives et à éviter toute formulation de critique (et même la seule « idée » de critique) de l'État».

Ce concept illustre également un propos de Bertrand Russell assurant que nul problème ne pourra être résolu, voire perçu, si l'on prend soin d'éliminer au départ toute possibilité de le poser[1].

 

Cette « invention » littéraire a trouvé sa réalisation dans les méthodes d’information actuelles par le changement de signification d’une série de mots pour désigner certains phénomènes.

 

Exemples : Le mot « emploi » remplace « poste de travail » et « créer des emplois » devient le fin du fin de l’action sociale d’une activité économique. Le travail disparaît du vocable et le poste, trop lié à l’individu qui l’occupe et lui donne vie est ainsi évacué.

L’entreprise devient « créatrice d’emplois » et non pas lieu d’exploitation ; la préservation des emplois est l’argument définitif pour justifier toutes les atteintes aux acquis sociaux des luttes ouvrières : baisse des salaires, des avantages sociaux … et de tous les renforcements du taux de la plus-value : la « diminution des charges sociales des entreprises », qui va dans le même sens, n’est rien d’autre que l’amputation, le détournement de la partie du salaire socialisée.

Le chômeur est un « demandeur d’emploi ». Il a été « remercié » dans le cadre d’un « plan social ». La partie du salaire socialisée pour l’assurance-chômage alimente l’ « agence pour l’emploi » et récemment le « pôle emploi ».

Il n’y a plus d’ouvriers. La femme de ménage est « technicienne de surface », la caissière est une « hôtesse de caisse », l’employé de commerce un « conseiller ».

Avoir un « emploi » est un  privilège et celui dont le statut est protégé par la loi (le fonctionnaire), le mettant ainsi à l’abri de  l’arbitraire patronal, est un privilégié.

Le chef du personnel est « directeur des ressources humaines », le patron est « chef d’entreprise » et quand il licencie massivement du personnel pour augmenter la productivité dans son entreprise, voire pour la liquider ici pour l’installer ailleurs (délocalisation) il s’agit d’un « plan social ». Il augmente ainsi la « compétitivité » de l’entreprise et ceux qui s’y opposent mettent en péril « l’emploi ».

Dans cette langue, « la lutte des classes est un  concept dépassé », le marxisme est une théorie dépassée elle aussi, le communisme est un « totalitarisme » à mettre sur le même plan que tous les totalitarismes, nazisme inclus.

Sur le plan international, les USA n’interviennent plus jamais nulle part dans le monde, il s’agit toujours de « La Coalition » exprimant militairement la volonté de « La Communauté Internationale », toujours dirigée vers la « protection des populations civiles » menacées par des « régimes » qu’il faut remplacer.

Un « régime » est donc un système politique qui déplaît à la « communauté internationale » parfois aussi qualifiée d’ « occident », à savoir aux états capitalistes dominants, USA en tête. Ce mot désigne donc préférentiellement  les  socialismes, cubain, nord-coréen, chinois ou autres, par extension tous ceux, aussi démocratiques soient-ils qui contestent cette dominance : Iran, Nations sud-américaines, pays arabes, sauf évidemment les dictatures pseudo-démocratiques, ou carrément monarchiques, émirats et royautés du pétrole, inféodées à l’ « Occident ».

Les clochards sans toit sont des « sans domicile fixe » et les gitans des « gens du voyage » tandis que les travailleurs itinérants deviennent des « forains ». Les petits délinquants sont des « jeunes » qui habitent les « quartiers », les français noirs, métis ou maghrébins, même nés en France depuis plusieurs générations sont « issus de l’immigration » tandis que d’autres, issus d’Europe principalement,  sont « d’origine étrangère ».

Multiplier les exemples n’apporterait rien à la réflexion.

 

Mais de plus la novlangue se pare de mots intrus, étrangers à la langue d’origine (pour nous française), pour illustrer les concepts sur lesquels on veut agir par le biais de l’information. Ils constituent, par leur étrangeté, d’excellents supports pour exprimer en raccourci certains jugements de valeur indispensables à faire entériner par l’auditeur.

En provenance du Russe la « nomenklatura » désigne une néo-classe dominante dans le contexte du socialisme ou d’un « régime » quel qu’il soit ; utilisée en dehors de ce contexte, elle désignera un groupe de dominants, avec en toile de fond non exprimée l’idée de « communiste, totalitaire,…).

Idem pour « troïka » désignant un triumvirat, « politburo » désignant un organe collectif de direction, ou « oligarque » un ancien fonctionnaire (de l’URSS) qui s’est approprié un pan entier de l’économie socialiste…

La « junte » désigne un gouvernement, le plus souvent militaire, qui gouverne autoritairement, constituant ainsi un régime.

Mais la plus importante intrusion vient de l’anglo-américain.

Dans le langage devenu courant, le mot staff désigne le collectif dirigeant, le week-end est la fin de semaine, le lock-out la mise à pied, le K.O. la mise hors de combat et O.K. l’acquiescement, souvent d’ailleurs agrémenté de « d’accord » qui se suffirait à lui-même. On va faire pipi aux WC, (alors que les anglo-saxons font cela aux « toilets »), on se réunit au living-room, on déjeune d’un sandwich (qui peut être un hot-dog) au snack-bar, on prend un drink au drugstore. Un équipe sportive est un team dirigée par un coach, administrée par un manager et ainsi de suite : les employés de banque qui spéculent en bourse sont des traders, les parties à un conflit ou à une négociation passent un deal, tandis que les vendeurs de drogue à la sauvette sont des dealers et que leurs clients meurent d’overdose. Les jolies filles ont du sex-appeal, ce sont alors des pin-up, les gens qui ont la peau noire sont des blacks, et les camionnettes des pick-up

A un niveau culturel plus élevé, quand des gens se réunissent pour réfléchir il s’agit d’un brain-storming, un groupe de réflexion est un think tank, et quand un homme politique s’énerve il fait un nervous breakdown… On nous impose une fête d’Halloween.  Et quand on fête un anniversaire on ne sait plus chanter que « happy birthsday to you ».

Cette intrusion est d’autant plus sournoise (et donc efficace) que plus de la moitié des mots courants de la langue  anglaise viennent du français et pour la langue scientifique du latin.

Ces mots sont qualifiés par les enseignants de la langue anglaise de « faux-amis » car malgré leur proximité orthographique, leur signification dans la langue de Shakespeare (et aujourd’hui de Big Brother) est différente de celle qu’elle a en français. Nombre d’entre eux nous sont revenus au fil des siècles et ont repris place en français sous un autre aspect et avec un autre sens : le carré a donné le square qui nous est revenu pour désigner un jardin public.

Plus récemment le mot gai ou gayest parti outre-atlantique et revenu pour désigner les personnes aux préférences homosexuelles.

 

Ils sont d’autant plus faux et d’autant moins amis quand ils viennent pour imposer un concept nouveau et que leur proximité linguistique les fait traduire par une transcription. En médecine,  on a ridiculement traduit « evidence-based medicine » qui signifie littéralement médecine basée sur la preuve, par médecine basée sur l’évidence, ce qui ne veut rien dire du tout. En effet, en français, l’évidence et la preuve scientifique seraient plutôt contradictoires dans leurs effets sur le raisonnement, et dire l’un pour l’autre n’a pas de sens. Le seul sens que l’on peut donner à cette absurdité sémantique, c’est que l’on se réfère ainsi à la mère-patrie de la science (dire alors « sayence ») que l’on révère : les USA, et par extension que l’on s’inféode à son système économique et politique, et à son idéologie.

 

Or aux USA, l’idéologie dominante est, comme ailleurs, conditionnée par l’organisation politique et économique ainsi que par l’histoire.

Depuis qu’ils existent les USA n’ont quasiment jamais cessé de faire la guerre pour étendre leur territoire, pour maintenir leur zone d’influence afin d’exploiter au mieux les ressources des états vassalisés et néo-colonisés.

Pendant une assez longue période au XXème siècle, ils ont été tenus en respect par l’URSS,  une puissance socialiste qui leur contestait le leadership (tiens, tiens… je t’y prends toi aussi !) mondial, soutenait les pays en voie de développement, les pays qui se libéraient de leur tutelle, menaçant objectivement de mettre leur système économique et politique à bas.

Incapables de les empêcher de se développer et d’étendre leur influence par les moyens économiques classiques (blocus, non reconnaissance de la monnaie, refus de coopération…), inefficaces par leurs intervention militaires directes (Viet-Nam, Angola…), ils développent la subversion en fomentant des coups d’ état voire des invasions militaires (Chili, Grenade, Cuba, mais là ça n’a pas marché), des guerres civiles (Nicaragua, Salvador, Colombie), des assassinats individuels (Lumumba, Sankara, Mgr Romero) ou collectifs (Indonésie). Ils développent la 5éme colonne, terme désignant dans un État ennemi les forces occultes qui se mettent en place avec comme objectif la trahison.

Mais ce qui identifie un ennemi est la référence aux Lumières dans l’organisation de la société, les Lumières qui ont conduit la Révolution Française.

Pour les USA en lutte pour préserver leur domination mondiale, le premier ennemi à abattre est idéologique : c’est l’idéologie des Lumières. C’est elle qui a conduit à remettre en question les discriminations entre les hommes pour les ériger, ès qualité, en Citoyens Libres et Égaux en Droits et en Devoirs. C’est elle qui a conduit à proclamer la Déclaration des Droits de l’Homme.

Les premières sociétés à avoir été mises en accusation par les Lumières furent évidemment les sociétés inégalitaires, et au premier rang les sociétés esclavagistes basées sur une féroce ségrégation.

L’idéologie étasunienne est basée depuis son origine sur la ségrégation raciale avec la supériorité de la race blanche (wihte supremacy), conduisant à pérenniser l’esclavage, exercer un génocide sur les populations dites « indiennes ». Après l’abolition de l’esclavage, il faudra un siècle pour abolir officiellement la ségrégation, le lynchage des nègres étant un spectacle édifiant comme un autre. Encore aujourd’hui, en fonction ou pas de la couleur de la peau, on sera identifié aux USA comme afro-américain, hispano, juif ou autre. Les statistiques médicales concernant ces « groupes raciaux » en témoignent à longueur de colonnes.

Or l’idéologie des Lumières qui inspire encore aujourd’hui la Constitution de la République Française interdit formellement ces pratiques discriminatoires, y compris les statistiques les concernant. Et cette réalité est toujours actuelle, agissant dans les moindres recoins.

Tout récemment, en 2011, une application informatique américaine propose de savoir qui est juif. C’est-à-dire qu’elle met à disposition  pour 0,79 € une liste de noms qu’elle identifie comme juifs. Cette application est illégale en France, la mise à disposition auprès du public de cette liste, sa détention, sa constitution même est un délit.

 

Ces constatations et le fait de les souligner ici sont tout sauf anodins.

En effet, la lutte des USA contre les Lumières est une vraie guerre de fond. Plusieurs États des USA prônent encore officiellement le créationnisme (l’idée qu’un dieu a créé Adam et Éve) et interdisent l’enseignement de la théorie Darwinienne de l’évolution. Lorsque l’occasion d’évoquer ces faits s’impose sans que l’on puisse, dans les médias, chargés de l’information, éviter d’en parler, un consensus mou se manifeste autour du thème : certes il y a encore des retardés aux USA (synonyme : la Grande Nation Démocratique) mais on y respecte la liberté d’opinion.

Et sur place des scientifiques, contaminés par la religion, qui ont quand même du mal à revendiquer cette ineptie, ont mis en place l’idéologie du « dessein intelligent », créationnisme affublé d'un costume bon marché suivant le mot de Dawskin.

De fait, c’est un véritable cancer qui gangrène la société américaine. Toutes les découvertes aujourd’hui indiscutables de la science sont bafouées, les enfants sont éduqués dans une idéologie où la religion est convoquée pour justifier le racisme et la ségrégation du fait de l’inégalité des « races », la noire étant bien entendu inférieure à la blanche, surtout si elle est réduite aux WASP (blancs, anglo-saxon et protestants). La constitution de l’Alabama institue encore aujourd’hui la ségrégation raciale à l’école publique. Et cela malgré les actes de la Cour Suprême qui condamnent cette ségrégation.

Et les actions extérieures des USA qui portent la guerre aux 4 coins du monde pour s’assurer des ressources énergétiques et des marchés, sont toujours présentées LÀ-BAS comme civilisatrices, c’est-à-dire apportant à des peuples mineurs, de race inférieure, le secours des grands frères plus intelligents qu’eux. Et cela suffit pour faire passer la pilule à l’immense majorité des états-uniens.

Quoi de surprenant dans un pays où le Président prête serment non pas sur la Constitution mais sur la Bible.

 

Les vecteurs de ces attaques souterraines contre les Lumières sont évidemment les intellectuels et les moyens d’information.

Les médias sont systématiquement mis sous la coupe des grands groupes industriels multinationaux principalement marchands d’armes : en France Lagardère, Bouygues, Bolloré, Dassault contrôlent l’essentiel des médias, qu’ils soient écrits, parlés ou en image. Les radios et télévisions du service public sont elles aussi convoquées à l’uniformisation de l’information. Les journaux radiodiffusés et télévisés proposent tous, en même temps, les mêmes informations. La novlangue y est systématiquement utilisée. La langue française y est systématiquement martyrisée. Par exemple, c’est avec un ensemble touchant que les journalistes de l’audiovisuel se sont tous mis à ignorer les liaisons entre les mots, surtout dans les pluriels. Et l’on entend régulièrement parler par exemple des « zètrumin » pour dire des êtres humains.

Les attaques contre la langue et la généralisation de la novlangue qui s’impose un peu plus chaque jour circonviennent peu à peu les consciences.

 

La croisade contre les Lumières

Le point de départ officiel de cette croisade contre les Lumières fut le Congrès pour la Liberté de la Culture. Fondé en 1950 et financé par la CIA, il était sensé lutter contre la colonisation des intellectuels par l’idéologie communiste. Et de fait, si les expériences socialistes sont qualifiées de communistes du fait que le plus souvent ce sont des communistes qui les ont initiées, ce n’est pas toujours le cas, mais elles reconnaissent TOUTES la Grande Révolution Française et ses principes émancipateurs comme leur origine commune.

Ce sont les Lumières qui ont permis aux peuples de se révolter contre toutes les formes d’oppression, avec la conscience que c’est de droit. Les modes d’analyse économiques et politiques qui ont permis divers types d’organisation alternatives à la suite des révolutions ont TOUTES comme principes de base l’égalité, l’intégration, l’antiracisme et la laïcité. Des révolutions européennes du XIXème siècle jusqu’à la Commune de Paris, la Révolution d’Octobre en Russie, mais aussi les mouvements nationaux d’émancipation contre la colonisation dans le monde entier, les expériences aussi diverses que celles de la Chine, du VietNam, de Cuba, et maintenant des pays d’Amérique du Sud, tous se revendiquent d’une façon ou d’une autre des Lumières.

 

La croisade contre cette idéologie pernicieuse est toujours à l’ordre du jour. Et sont qualifiés de « communistes » tous les révoltés, tous les exploités qui se rebiffent.

Après avoir suscité et exalté les « dissidents » dans toutes les nations qui tentaient de construire le socialisme, elle continue aujourd’hui malgré l’effondrement du bloc des démocraties populaires de l’Est européen. On trouve toujours à exalter un « dissident » quelconque à qui l’on va attribuer un prix international ad hoc, Sakharov, Nobel[2] ou autre. Et comme par hasard, après l’URSS disparue c’est en Chine, à Cuba, ou ailleurs dès qu’un peuple relève la tête, que ces individus inconnus émergent à la une des médias dans les pays de la Communauté Internationale. Et c’est au nom des « droidelomme » que ces campagnes sont entreprises.

Et si je l’écris ainsi c’est que ce concept ne fait que servir de prétexte à des attaques médiatiques, à une information des consciences en opposition antagonique avec les Droits de l’Homme affirmés dans la Déclaration Universelle. Elle ne fait que couvrir le droit que s’arrogent les multinationales impérialistes d’étendre leur domination à l’ensemble de la planète, en écrasant les résistances où qu’elles se manifestent. Les intellectuels, les minorités, les femmes, les homosexuels peuvent être persécutés dans leur pays tant que les gouvernants ne remettent pas en cause la domination de multinationales et de l’empire étasunien. Les exemples sont légion et ne méritent pas plus ample démonstration.

 

La croisade médiatique est évidemment convoquée pour préparer les croisades militaires, à coup d’images truquées, de mises en scène et de mensonges sur la base d’un entretien quotidien de l’opinion à base d’anticommunisme, épouvantail qui dissimule aujourd’hui la guerre contre les Lumières. La plus célèbre et la première fut la mise en scène de Timisoara pour justifier l’intervention en Roumanie et l’assassinat rapide de Ceausescu. Elles se sont ensuite succédé à un rythme accéléré en Yougoslavie (Srebrenica), en Irak (armes de destruction massive), en Afghanistan, au Venezuela pour le putsch manqué contre Chavez, et ces derniers mois en Libye. La novlangue y est reine avec au premier plan les « droidelomme », la démocratie, les dirigeants qualifiés de dictateurs même s’ils sont élus et réélus comme Chavez.

 

Contre l’idéologie des Lumières, la réponse politique est, à l’intérieur, dans le communautarisme. Il s’agit de faire en sorte que les gens appartenant à des groupes différents, sur une base « raciale », culturelle, religieuse, touchant au sexe ou aux préférences sexuelles etc. se referment sur eux-mêmes sous le prétexte de préserver leur identité.

Nous avons vu plus haut que c’est une réalité aux USA, même pour la science médicale. Nous voyons aujourd’hui en France que le communautarisme est le cheval de Troie du racisme, du ségrégationnisme, de l’idéologie des inégalités contre la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Il induit une remise en cause permanente du caractère fondamentalement laïque des institutions républicaines.

 

C’est dire que l’idéologie qui règle les fondements de la société étasunienne, fondamentalement inégalitaire, ségrégationniste, religieuse et raciste, systématiquement relayée chez nous sans état d’âme par les médias, est point par point antagonique de celle qui régit la société française égalitaire, intégrationniste, laïque et antiraciste.

 

Ajoutons à ces considérations les éléments que nous apporte l’histoire sur la propre conception qu’ont d’eux-mêmes et des autres les anglo-saxons en général et les états-uniens en particulier.

En lançant la guerre froide en 1946, Churchill invente le « rideau de fer » qui sépare le « totalitarisme » d’un côté, et les champions de la liberté, et de la civilisation chrétienne, que sont « les peuples de langue anglaise » et le « monde de langue anglaise ».

Dans une correspondance avec Eisenhower, il écrit : « le monde de langue anglaise (English Speaking People) est synonyme de peuple blanc de langue anglaise (White english speaking People). Son unité est absolument nécessaire pour liquider une fois pour toutes « les contrastes entre les races étroitement apparentées de l’Europe qui ont provoqué  les deux guerres mondiales ».[3]

 

L’impérialisme états-unien est économique, politique, militaire. Et si l’on suit ses locuteurs la langue anglaise, particulièrement son avatar anglo-américain, en est donc le ciment « racial ». Elle est le stigmate des êtres supérieurs que sont les WASP (Blancs anglo-saxons et protestants) à l’origine de cette idéologie. Elle apparaît à l’analyse comme le fer de lance de cette culture raciste, ségrégationniste, inégalitaire à base religieuse. Elle est le moteur et le moyen de la croisade contre son antagonique des Lumières, dont le peuple français est l’acteur, la nation française le creuset historique et la langue française le creuset culturel.

Ceci étant posé, il s’ensuit que tout ce qui vient des USA sur le plan culturel, sociétal, ou a fortiori idéologique, doit être examiné a priori avec la plus extrême circonspection. Contrairement aux médias pour qui les maîtres à penser sont forcément outre-atlantique, les objets de l’information, (mise en forme), que nous sommes doivent accueillir cette information comme des sujets et la remettre systématiquement en question.

En effet, rappelons-le, le but de cette information est essentiellement, et forcément, de détourner l’attention de l’essentiel en utilisant les subterfuges les plus divers.

Parmi ceux-ci, nous laisserons de côté l’amplification des faits divers, les contrevérités et les mensonges sur l’actualité présente ou passée ainsi que les réinterprétations révisionnistes de l’Histoire, pour focaliser notre attention sur l’exaltation des communautarismes et son avatar le plus récent, les « queers studies ».

Un exemple nous retiendra plus longtemps: les « gender studies » traduites ridiculement par « théorie du genre ».

 

La dite « théorie du (ou des) genre(s).

Notons d’abord quelques définitions :

En Français, le genre c’est le sexe des mots. Il nous dit si un mot est masculin ou féminin. En aucun cas il ne peut s’adresser à des personnes.

C’est aussi une classe dans la nomenclature des êtres vivants. Ce peut être aussi une catégorie assez générale de choses ou de gens.

Regardons ce qu’en dit Internet sur plusieurs sites (on peut aussi évidemment regarder un des nombreux dictionnaires Larrousse, Littré, Quillet, Robert avec les mêmes résultats):

GENRE : nom masculin

Sens 1 : ensemble d’êtres ou de choses ayant des caractères communs

Synonyme : sorte . Anglais : type, kind

Sens 2 : subdivision de la famille (biologie)

Sens 3 : style, manière 

Synonyme : attitude. Anglais : style

Sens 4 : catégories d’œuvres Ex le genre épique. Anglais : genre

 

GENRE : Nom masculin singulier

division qui se base sur un ou plusieurs caractères communs

sorte, manière

(grammaire) catégorie fondée sur la distinction naturelle ou conventionnelle des sexes

(histoire naturelle) subdivision de la famille

catégorie d'œuvres définies par le style, le ton, le sujet

(peinture) œuvres représentant des scènes populaires

Expressions
avoir bon genre : avoir une apparence distinguée

avoir mauvais genre : avoir une apparence peu distinguée

ce n'est pas son genre : cela ne lui ressemble pas, ce n'est pas son style

genre de vie : façon de vivre

 

Mais en Anglais, gender veut dire sexe et quand on veut parler du genre, c’est, suivant les cas les mots type, kind, stylevoire le mot genre lui-même qui est utilisé.

Voici ce qu’en dit le dictionnaire Harraps :

gender   n  [+person]  sexe   m

-       the differences between the genders

-        Women are sometimes denied opportunities solely because of their gender.       

[+word]  genre   m  - In Welsh the word for "moon" is of feminine gender.

modif  

-       gender differences :  les différences entre les hommes et les femmes –

-       gender relations :  les relations entre les hommes et les femmes –

-       gender equality :  l'égalité des sexes 


L’histoire de cette « théorie » commence avec le travail de

Robert Stoller [4]qui, dans Sex and Gender. On the Development of Masculinity and Feminity avait montré les problèmes que pose cette équivalence

Ann Oakley est la première chercheuse a utilisé le concept "gender" (72) en incluant une dimension sociale et culturelle au terme sexe. C’est la seule qui est mère et grand-mère.

Rubin Gayle: est une des premières chercheuses à nommer le "sex/gender system" (75) qu'elle définit comme la représentation sociale du sexe biologique.

A partir de là il faut bien reconnaître que tous les auteurs, hommes ou femmes qui illustrent cette théorie du genre sont des homosexuels.

Monique Wittig dont le parcours intellectuel apparaît tout à fait illustratif des thèses de French Theory. Elle est également considérée dès cette époque comme une figure marquante du féminisme français… Elle apparaît également comme une grande figure du mouvement lesbien en France

Judith Butler est une philosophe américaine…pour qui le but à atteindre est défini par une volonté de déstabiliser « le phallogocentrisme et l'hétérosexualité obligatoire.» Il s'agit aussi de repenser l'organisation sociale selon des modèles homosexuels ou transsexuels.

David Halperin dans Cent ans d’homosexualité veut montrer, entre autres, combien « l'hétérosexualité exclusive et "compulsive" (…) apparaît désormais comme une production spécifique de l'Occident »

Pat Califia est un transsexuel, refusant cette dénomination pour celle de transgenre.

On trouvera dans l’article de Wikipedia consacré aux "Gender Studies" toute une bibliographie et une analyse du phénomène. Je m’y suis très largement référé dans ce qui précède.

A l’opposé, des féministes aussi engagées que l'anthropologue Françoise Héritier (les « chiennes de garde ») soutient que « la différence des sexes – à la fois anatomique, physiologique et fonctionnelle – est à la base de la création de l’opposition fondamentale qui permet de penser »

Le combat pour la reconnaissance du genre par rapport au sexe prend naissance avec la revendication des minorités sexuelles : homosexuels et transexuels pour faire sortir leur identité propre des archaïsmes de représentation dans les sociétés modernes  des pays industrialisés. Ayant à titre personnel des appétences, des désirs et des comportements sexuels qui transcendent leur sexe biologique, ils recourent à une sémantique et à une épistémologie dirigée pour intégrer ces appétences, désirs et comportements dans un panorama général de la sexualité. Il s’ensuit par nécessité la remise en question du caractère biologique des comportements sexuels  humains. Débordant le cadre de cette revendication, oh combien légitime, de pouvoir vivre sa vie suivant ses appétences et désirs, ils s’ingénient à généraliser leur propre personnalité à une définition du genre humain comme composé d’êtres à la sexualité mouvante, non définie par leur biologie, et susceptible à tout moment de changer et de comportement et d’objet.

Ils reprennent à leur compte le terme de queer. En anglo-américain « le queer c'est le travers, le tordu, le « pédé » qui s'oppose au normé, à l'hétérosexualité. En s'appropriant les insultes qui leur sont adressées, les transgenres, les lesbiennes les plus radicales veulent obliger le discours social à remettre en cause « l'essentialisme » de notre vision sur le sexuel et les catégories sexuelles. »[5]

Ce qui est en cause c’est à l’évidence un combat de minorités pour faire reconnaître leur droit à la différence.

Ce qui en résulte, c’est une généralisation abusive d’un concept à l’origine conçu pour ce combat.

La question qui se pose est alors de savoir comment des minorités sexuelles, les homosexuels et les trans-sexuels, ont pu arriver à imposer leur vision des choses à un monde où l’hétérosexualité gouverne très majoritairement les comportements sexuels, sur la base des lois de la biologie d’espèce qui impose la reproduction pour sa survie.

Le fait que nombre des personnes citées soient des universitaires renommé(e)s donne à leur parole un poids spécifique indiscutable. Mais cela n’explique pas que le système chargé de l’« information » des consciences se soit emparé de leurs travaux pour les diffuser largement et ait érigé leur concept en alternative indispensable à la notion de sexe social, dépendant, étroitement lié et conditionné par le sexe biologique, anatomique et fonctionnel.

Car la notion de sexe social, biologiquement déterminé, mais socialement stigmatisé, est une réalité bien définie dans les études sociologiques. Quand Simone De Beauvoir parle du Deuxième sexe, ce n’est certes pas en comptant sur ses doigts. C’est de la réalité sociale de la ségrégation des sexes et de l’infériorisation systématique des femmes qu’il s’agit.

Et quand Pascal Picq, anthropo-paléontologue, monte au créneau en affirmant que « le sexe n’est pas que construction »[6], ce n’est pas pour faire un jeu de mots. Il constate d’abord, à propos de la confrontation théorie de l’évolution / créationnisme, qui dans « sa forme plus léchée - le "dessein intelligent" - continue de faire son chemin, trop de journaux et de magazines se complaisant dans l'exercice puéril du dénigrement des sciences. »

Après avoir noté que « le sexe biologique est fortement déterminé par les chromosomes », il ajoute « En raison d'un antibiologisme radical, elles refusent cette réalité biologique qui fait que nous sommes dans le groupe des espèces les plus déterminées biologiquement pour le sexe. C'est inepte d'un point de vue scientifique, stupide d'un point de vue philosophique et ouvert à toutes les idéologies. »

Plus loin, après avoir fait état de la réflexion menée contradictoirement par des spécialistes de l’anthropologie culturelle, il écrit : « Je m'oppose à toutes ces théories qui détournent les « gender studies », avec pour seul argument imbécile d'affirmer qu'il n'y a pas de sexe biologique. » et enfin, si toutes les positions idéologiques sont respectables « Ces considérations n'ont rien à faire en classe de sciences d'une école laïque et républicaine »

Car, dans les manuels scolaires traitant de Sciences de la Vie et de la Terre en France, en parallèle avec les connaissances scientifiques sur la sexualité, les comportements sexuels reproductifs et les conditions de leur expression, nos politiques ont mis la dite « théorie des genres » comme alternative enseignée, donc de référence.

Cette intrusion dans l’univers de l’enseignement d’une théorie de cet ordre, sans présentation de son historique et de ses présupposés, et à l’âge où le développement de la sexualité personnelle est encore marqué par l’ambivalence, a forcément un arrière-fonds qui n’a rien de neutre. Pourquoi pas demain, et puisque toute vérité vient des USA, ne pas mettre de la même manière en concurrence dans les manuels scolaires, la théorie créationniste aux côtés de celle de l’évolution ?

Cette perspective n’est pas un mythe. Certains y pensent.

Et ceci est d’autant plus surprenant que ce sont les milieux les plus conservateurs de notre société qui sont montés au créneau les premiers contre cette banalisation d’une théorie non seulement idéologique mais anti-scientifique, dans les manuels scolaires sensés apporter aux jeunes gens les bases des connaissance scientifiques admises au moment de leur publication. Au point que « le Conseil pontifical pour la famille a publié un livre intitulé Gender, la controverse rassemblant les analyses de 7 experts sur la théorie des genres ».[7]

La seule justification de ce véritable complot idéologique est l’intégration de la théorie des genres dans la bataille des dominants du système capitaliste pour détourner l’attention des dominés de l’essentiel : l’exploitation de l’homme par l’homme, qui se traduit entre autres avatars par l’exploitation de la femme plus que l’homme, y compris son corps sexuel dans le cadre de la prostitution. Et dans ce cadre l’exploitation du corps sexuel des homosexuels et des transsexuels, traités alors, et de la même manière, comme des marchandises susceptibles d’alimenter l’économie souterraine au même titre que la drogue ou les armes n’ont rien à envier au sort des femmes lorsqu’elles sont réduites à des objets de désir. La marchandisation du corps intervient comme toutes les marchandisations : non pour satisfaire des besoins, mais pour faire du fric, dans le cadre d’une société où faire du fric est un credo et où avoir du fric est aristo ! Les 1% de la population qui cumulent plus de la moitié des richesses ne peuvent le faire qu’en exploitant le travail des autres, en traitant leur force de travail comme une marchandise et en s’appropriant le résultat de ce travail.

Tant que l’ouvrier homosexuel se considèrera comme membre d’une communauté dont l’adversaire potentiel voire réel est l’hétérosexuel du coin, le patron pourra dormir tranquille et continuer à prélever sa plus-value sur le travail sans être dérangé par des revendications salariales. Il pourra même accéder aux revendications de ses employés « transgenre » pour leur faciliter la vie. Et pour rendre cette communautarisation crédible, le système suscitera des abrutis, le plus souvent racistes et d’extrême droite, qui agresseront des personnes homosexuelles ou prétendues telles, peut-être simplement des hommes à l’allure dite efféminée ou des femmes à l’allure plutôt masculine.

Et cela est vrai pour toutes les « catégories » inventées dans le même but : les indiens de Torquemada qui n’avaient pas d’âme et pouvaient être exploités jusqu’à la mort, les nègres  inférieurs victimes de la traite pour le plus grand profit des armateurs, les esclaves antiques, les serfs moyen-âgeux, les ouvriers au XIXéme siècle (« l’ouvrier est un zéro social et des zéros accumulés ne feront jamais une unité ». Balzac). Et aujourd’hui les nègres, les juifs, les latinos, les homosexuels, les putes, les communistes, et parmi eux les staliniens… mais aussi les jeunes, les arabes, les immigrés, les « issus de l’immigration », les roms, les SDF, les handicapés etc…

Ces « catégories », inventées pour les besoins de la cause, sont systématiquement associées à des campagnes de détournement de l’attention des  « gens », toujours pour le plus grand profit des détenteurs du capital financier.

Or ce sont tous des êtres humains, des membres du genre humain, avec des caractéristiques physiques, des préférences sexuelles, des origines ethniques, des engagements religieux ou philosophiques particuliers. Ces particularités en font des individus originaux, irréductibles à un groupe qu’il soit familial, politique, religieux ou autre, et, sans discussion possible, respectables dans leur individualité et leur originalité. Elles ne justifient en aucun cas que ces particularités, identifiées à des catégories artificielles, insèrent dans la société des regroupements vécus comme des communautés. Une communauté est un ensemble humain à caractère social, composé de personnes ayant en commun suffisamment de caractéristiques sociales qui induisent une spécificité de comportement collectif : la plus emblématique est la communauté nationale. Les autres regroupements à caractère social sont les classes, et à l’intérieur d’elles les couches sociales. Ces catégories artificielles font partie des regroupements anecdotiques.[8]

 

La première Constitution de la République issue de la Révolution Française est assortie  d’un Préambule. Et sous le chapeau : « Droits inhérents à la nature humaine » elle déclare dans son article 1

« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. »

Toutes les constitutions républicaines françaises depuis l’origine ont repris ce préambule. Celle de 1946 a introduit la notion complémentaire de droits sociaux et en particulier « la garantie pour la femme, dans tous les domaines, de droits égaux à ceux de l'homme ». Celle de 1958 y fait référence.

Et lorsqu’en 2008 une tentative est faite de remettre en cause l’Égalité fondamentale au nom de la reconnaissance de la « diversité », le Comité ad hoc, présidé par Simone Weil, remet son rapport le 17 décembre 2008. Selon ce rapport « Il apparaît au comité que la Constitution et la jurisprudence du Conseil constitutionnel laissent au législateur d'importants espaces de liberté pour agir contre ce que l'on pourrait appeler la ségrégation réelle »; « il n'a jugé ni souhaitable ni utile de proposer d'importants enrichissements du Préambule s'agissant des droits fondamentaux »

C’est dire à quel point l’esprit des Lumières qui inspirait les Constituants de 1789, continue à souffler sur les responsables, même bourgeois, même en ce temps de mondialisation. Et ce malgré l’américanisation à marches forcées conduite par les équipes dirigeantes actuelles sous la direction de Sarkozy.

C’est dire à quel point l’antagonisme fondamental entre l’idéologie de l’Empire états-unien et celle de la Nation française exige de rester vigilant à l’approche des attaques trop évidentes dont notre esprit républicain fait l’objet.

La dite « théorie du ou des genres » en fait partie.

Elle n’apporte rien à la question de l’exploitation de la femme, à la stigmatisation des personnes aux préférences sexuelles minoritaires. Au contraire elle les « catégorise », les regroupe, les isole de l’ensemble social, les place en situation de compétition voire de contradiction avec d’autres personnes ayant objectivement les mêmes intérêts sociaux mais des préférences anecdotiques différentes[9] et ce au détriment de leurs intérêts sociaux fondamentaux.

Alors, ce n’est certes pas mon genre de dénier à qui que ce soit le droit imprescriptible d’être ce qu’il est, ce qu’il veut ou ce qu’il croit être. Et moins qu’à tout autre à quelqu’un qui se définit comme homo, bi ou trans, suivant ses préférences et ses goûts. Et la criminalisation de qui leur dénie ce droit me paraît aussi indiscutable que la liberté des individus de vivre pleinement leur vie tant qu’ils ne portent pas atteinte à la liberté des autres.

Mais ne comptez pas sur moi pour accepter qu’une femme, un homo, un bi ou un trans, fasse passer ses intérêts économiques de personne exploitée après ce qu’il perçoit ou qu’on lui fait percevoir comme ses « intérêts » liés au groupe auquel on lui persuade qu’il appartient.

Et pour accepter de dire genre quand il s’agit de sexe, car alors que devient le genre humain ?

 

 



[1] Bertrand Russell, Science et religion, Folio

[2] Dernière mouture du Nobel de la Paix : la banquière Présidente du Libéria et sa comparse dans la mise en façade de la démocratie où le « retour » des afro-américains (civilisés) a marginalisé et réduit en citoyens de seconde zone les peuplades indigènes. La 3éme étant, pour représenter le « printemps arabe », la responsable islamiste d’une officine locale de la CIA au Yémen.

[3] D. Losurdo. Staline : histoire et critique d’une légende noire ; p.300 et 301

[4] les liens sur le nom des différents auteurs qui suivent et les éléments choisis à leur propos sont issus de Wikipedia in l’article  « Gender Studies »

[5] Wikipedia in article  « Gender Studies »

[6] Le Monde du 3 septembre 2011

[7] ibidem

[8] C-E Tourné : Le Naître Humain. chapitre 3 : les groupes humains. L’Harmattan Paris 1999

[9] ibidem

Par el sirachaire - Publié dans : psychosomatique
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Mardi 15 novembre 2011 2 15 /11 /Nov /2011 06:10

avant de me remettre à ce blog qui me tient à cœur mais qui exige un temps que mes nombreuses acrtivités dévorent, je propose à la lecture ce sonnet très classique de forme d'un vieux poète ignoré,

 

Je vous quitte aujourd’hui sans le moindre au revoir,

Le rêve pour mentor, l’horizon pour frontière,

Le vide pour demain, le futur pour barrière,

Et l’immense infini pour combler mon espoir.

 

Je pars sans un regret, sans regard en arrière

J’abandonne au destin sur ma vie le pouvoir

Et je laisse besoins, et morale, et devoir ;

Je ne veux qu’un linceul de vide pour ma bière.

 

Pauvre fou qui croyais accéder au savoir,

Percer à chaque instant quelque nouveau mystère

Le front haut, le cœur pur, plein d’une joie austère,

 

Je n’ai, pour ces travaux jamais pu recevoir

Sur ma jambe de bois rien qu’un simple cautère

Et comme croix d’honneur un bien profond clystère.

 

 

 

Par el sirachaire - Publié dans : Billet d'humeur
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Vendredi 6 mai 2011 5 06 /05 /Mai /2011 16:30

 

Il est relativement banal de ressentir vis-à-vis des organisations dites « humanitaires » des réticences entretenues régulièrement par la révélation d’une authentique gabegie dans leur gestion quand ce n’est pas d’authentiques détournements de fonds. Il s’ensuit des attitudes habituelles de ne pas soutenir les projets  humanitaires, sauf dans certains cadres très précis où une implication personnelle est en jeu.

 

Sur cette remarque très pertinente, j’ai commencé à colliger des éléments pour une publication sur le thème : action humanitaire et solidarité, ce n’est pas le même combat.

N’ayant pas le temps de mener à bien ce travail dans des délais raisonnables, je souhaiterais cependant en tisser les grandes lignes.

 

En effet, je suis, en ce qui me concerne, internationaliste et solidaire, mais en aucun cas ni humanitaire ni charitable.

 

« Au sens premier, l’adjectif « humanitaire » désigne toute action, ou toute institution qui vise au bien de l’humanité. Cette définition possède une dimension morale qu’on retrouve dans l’idée de philanthropie souvent associée à celle de l’humanitarisme. Le philanthrope est en effet celui qui, par amour (philos) de l’humanité (anthropos), va œuvrer pour le bien de son prochain.
Dans un sens plus moderne, on appelle action humanitaire l’ensemble des initiatives prises par une association pour secourir une population ayant besoin d’une aide d’urgence, aide fortement médicalisée, et survenant à la suite d’un conflit ou d’une catastrophe naturelle (épidémie, famine, tremblement de terre etc.). »[1]

 

« L’action humanitaire est aujourd’hui paradoxale. Prétendant "défendre tout individu, à tout moment et à tout endroit de la planète", elle peut s’entendre comme l’aboutissement de la lutte pour les droits de l’homme. Mais, en même temps, elle pervertit le combat pour les droits de l’homme en ceci qu’elle se propose de fait comme un substitut à l’action (du)politique. » [2]

J’ai fait l’expérience de l’action « humanitaire » dès mon arrêt d’activité avec l’équipe de « Amitié Solidarité Afrique » en Côte d’Ivoire. Ce fut vite réglé pour moi. Cette action, destinée à compenser des manques « ponctuels » dans une population certes en manque de ces choses que nous considérons comme importantes (vélo, téléphone portable, machine à laver, chaussure Nike etc…), mais surtout soumise à un bombardement idéologique visant à faire porter la responsabilité de ses malheurs au colonialisme (ce qui n’est pas faux) et par extension à tout blanc qui passe et qui, quoi qu’il fasse n’en fera jamais assez puisqu’il est co-responsable de tout, et cela par une bourgeoisie locale qui a remplacé l’administration coloniale poste pour poste et qui vit des prébendes des multinationales qui continuent à mettre le pays en coupe réglée.  Donc exigences, racisme au niveau individuel et collectif pour ce qui concerne l’attitude des autorités locales et des citoyens rencontrés, exploitation éhontée et gaspillage des ressources par les multinationales qui entretiennent la bourgeoisie néo-coloniale qui a remplacé poste pour poste les anciens représentants de l’État colonial. Dans une commune de 7000 habitants où l’immense majorité de la population vit dans la précarité tant pour le logement que pour la subsistance quotidienne, le maire se promène dans une Mercédes haut de gamme avec chauffeur et garde du corps et la télévision dans sa  voiture. Au sous-sol de sa villa, il a fait installer une véritable boîte de nuit.

Quant aux populations rencontrées, leurs demandes, voire leurs exigences portent sur des chaussures de marque (Nike ou rien…) des shorts et des maillots de sport , de marque aussi… Elles sont abreuvées de publicités pour les téléphones portables que chacun porte quasiment greffé à l’oreille comme chez nous.

Et en ce qui concerne ce qui pourrait amener une vraie transformation dans le bon sens, disqualification du « blanc » de toute capacité à amener une expertise. Exemple le plus marquant : à la proposition de travailler sur la prévention du SIDA cette réponse : Il n’y a pas de SIDA en Côte d’Ivoire ! Fermez le ban.

Dans ce contexte, j’ai mis un terme à cette expérience aussitôt que réalisée.

 

Car en regard, les sociétés comme la nôtre, dont la splendeur passée et, même si c’est à un degré moindre, actuelle, a eu comme base le pillage des pays colonisés, ont institué l’action humanitaire comme un exutoire, une tentative de catharsis individuelle et collective pour exorciser une culpabilité, conséquence des informations quotidiennement rapportées par un système médiatique omniprésent. L’étalage des misères dudit Tiers Monde est cependant à double tranchant. D’un côté, et c’est sa finalité première, il est là pour rappeler aux revendicateurs de tout poil que si on regarde à côté, on n’est pas si malheureux que cela. De l’autre, il met en évidence des disparités qu’un peu de réflexion arrive à rendre inacceptable.

Du haut en bas de l’échelle, les conséquences sont diverses et diverses les attitudes qui en découlent.

En haut, les sociétés nationales et multinationales qui ont fait leur fortune sur le pillage des ressources des pays colonisés continuent efficacement ce pillage sous une appellation modifiée. Les États qu’elles dirigent par gouvernements interposés ont substitué à la colonisation une forme d’exploitation connue sous le vocable de néo-colonisation. Des gouvernements alternatifs ont été mis en place dans des États d’abord associés (Union Française p.ex.) puis « indépendants » au moins au niveau institutionnel et formel. La colonisation a été remplacée par la coopération. Les ministères ad hoc se sont succédé avec les appellations adéquates. Les politiques ont évolué dans le sens d’une meilleure circulation internationale des capitaux et des marchandises pour donner aux flux issus du pillage de nouvelles dimensions : pratiques d’abord en substituant, aux compagnies nationales agissant dans le cadre de la colonisation, des compagnies multinationales agissant dans le cadre du commerce international. Les cadres institutionnels ont changé aussi jusqu’à l’institution de l’OMC, des protocoles comme Doha etc… qui organisent le pillage par la mise en place de marchés où les matières premières ne sont plus traitées que sous la forme d’équivalent monétaire. Il en est ainsi du pétrole (la mieux connu), de l’uranium, du nickel, du fer, du cuivre… mais aussi du cacao (Côte d’Ivoire), du blé (Russie), du riz, du sucre …

Les communautés vivant dans les pays dits « développés » continuent à profiter de la manne financière ainsi créée. Leurs États (qui s’auto-proclament dans le dernière période « communauté internationale ») se sont institués gardiens de cette manne par l’intermédiaire de leurs forces armées prêtes à toutes les interventions chaque fois qu’un peuple pourrait récupérer ses richesses et les utiliser au profit de son développement : Indonésie, Viet-Nam, Chili, Angola, Irak ont chacun payé et payent encore un lourd tribut dans les cadres spécifiques de la Françafrique, de l’OTAN, de l’OTASE. Aujourd’hui, c’est l’ONU qui est mobilisée pour couvrir ces différentes interventions dont la visée est toujours la même : empêcher quiconque n’est pas du bon côté de la table de venir se servir dans le pot de confiture (Afghanistan, Côte d’Ivoire, Tchad, Centrafrique, actuellement Lybie …).

Notons, même si ce n’est pas notre propos, que c’est de plus en plus difficile. Car la recherche du profit maximum a fait désertifier les foyers nationaux de leurs industries au profit de foyers nationaux anciennement colonisés et maintenus dans un état de sous-développement propre au pillage de leurs richesses et à la fourniture d’une main d’œuvre à bas coût. Mais de ce fait, et en tenant compte des indispensables transferts de technologie, ils deviennent des concurrents économiques redoutables, et donc des concurrents politiques potentiellement aussi redoutables (Chine, Inde, Brésil).

D’autre part dans de nombreuses parties du monde le gendarme  perd de son efficacité lorsque les peuples arrivent à se faufiler vers la prise du pouvoir (Cuba bien sûr, mais à sa suite, Venezuela, Bolivie, Colombie, Equateur, Nicaragua, et à un degré moindre Brésil, Argentine, Uruguay…).

C’est dans ce contexte politique, économique et idéologique que se développe l’action dite humanitaire.

Elle est aidée par les idéologies dominantes de base dans les pays « riches » dont le socle religieux a servi de tout temps à juguler les revendications sociales.

Dolorisme d’une part : celui qui souffre sera sauvé, il sera plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer au royaume de Dieu etc…

Charité de l’autre : donner aux pauvres quand on est riche augmente les chances d’entrer au royaume de Dieu. En attendant on peut continuer à se goberger au contact de la misère tout en lui en reversant les rogatons de son repas.

Et cela va aujourd’hui jusqu’aux multimilliardaires Gates et Buffet qui donnent la moitié de leur fortune « aux pauvres » à travers leurs fondations humanitaires. Ils donnent ainsi certes quelques milliards de dollars, mais ils en conservent autant.

Ces fondations, et les organisations qu’elles alimentent, dénommées ONG (Organisations Non Gouvernementales), fonctionnent ainsi comme des institutions para-étatiques. Car si elles sont non-gouvernementales, elles bénéficient pour leurs donateurs de mesures fiscales incitatrices, c’est-à-dire d’un financement étatique masqué.

C’est vrai pour les particuliers qui peuvent (en France) déduire de leur impôt les 2/3 de leurs dons (dans la limite de 1/5), sauf s’ils sont assujettis à l’ISF où la déduction est de 75 % dans la limite de 50.000 €. Et pour les sociétés, elles peuvent donner 5/1000 de leur chiffre d’affaires et déduire 60 % de leur impôt société.

Pour le particulier le moins fortuné donc, 1/3 est donné par lui, 2/3 par l’État. Pour le plus fortuné (minimum 790.000 € de patrimoine) qui aurait 4 M€ taxés, et donne 66 000 €, il n’en paie que 16.000, et 50.000 pour l’État. Si c’est une entreprise, c’est l’État qui paie tout quel que soit le montant donné (exemple une société avec 100 M € de chiffre d’affaires peut donner 50.000 € sans que cela ne lui coûte rien).

Du coup, les relations entre les grandes ONG et les États sont en fait étroites et elles interviennent rarement sans tenir compte des impératifs de la politique gouvernementale.

Les fonds gérés par les ONG « humanitaires » en France se montent à environ 700 millions d’euros.

 

J’ai dit plus haut que la pratique néocoloniale perdure localement grâce à une idéologie dominante médiatisée qui rend l’ancienne colonisation, par extension l’ancien colonisateur, et par extension toute personne à la peau blanche, coupable de tout.

Mias ce n’est pas partout pareil.

En ce qui concerne le pays Afar les choses sont radicalement différentes. Il s’agit d’un peuple millénaire, ayant langue et culture (orales jusqu’il y a 30 ans), dont le territoire est partagé entre 3 États (Erythrée, Djibouti et Ethiopie) et qui subit un véritable génocide lent, non seulement sur le plan culturel mais aussi sur le plan général (santé, alimentation, économie).

À la différence d’autres peuples (comme le peuple catalan que nous connaissons bien et qui a quelques ressemblances : langue, culture, partition entre plusieurs États…) il n’y a là aucune trace de développement économique et donc de ressources financières propres.

Le développement est entravé par une absence quasi-totale d’élites formées sur place (0 médecin et 0 sage-femme Afar en Éthiopie sur 1,7 million d’habitants), une malnutrition systémique (98 % de la population est officiellement sous-alimentée), des structures de santé absentes ou presque, une mortalité maternelle en couches et une mortalité infantile effroyables. Le tout dans un  pays essentiellement désertique dont les rares zones irrigables sont confisquées par l’état fédéral pour les louer aux « investisseurs » indiens, chinois et autres qataris qui y font du coton et du maïs transgénique …

Bref, un problème de sous-développement maintenu et organisé sur une base ethnique et culturelle, et un isolement tel que même les ONG « humanitaires » n’y vont pas. Cependant, il existe une conscience aiguë des quelques élites locales de la nécessité de remédier à cette situation sous peine de disparition à terme. Et  donc une attente et un besoin dramatiques de solidarité pour le développement et une participation active de ces élites à tout ce qui peut aller dans ce sens.

 

C’est dans ce contexte que j’ai consenti à m’engager.

 

Politiquement formé à la solidarité internationaliste, je me suis trouvé en phase avec mon engagement personnel de toujours, pour l’amélioration des conditions de la naissance, mais aussi pour la libération des peuples opprimés.

Les personnes que j’y ai rencontrées ont contribué à me faire partager leurs angoisses et leurs espoirs. Au milieu d’un désert géographique, économique et socio-politique, ils perpétuent l’espoir humaniste en un avenir meilleur malgré des difficultés à première vue insurmontables. Au contact de l’ami qui les visite, ils commencent par l’accueillir de leur mieux à tous les points de vue. Ils lui parlent ensuite de leurs problèmes. Pour ce qui me concerne ce fut : « nos femmes meurent en couches (pas loin de 10%), nos enfants meurent en bas âge (15% avant 5 ans de ceux qui sont nés vivants), nos troupeaux ont de plus en plus de mal à trouver des pâtures (les plus grasses car irriguées deviennent des champs de coton), la pluie est rare… » mais le propos se terminait toujours par ces mots « si vous pouvez faire quelque chose pour nous aider à enrayer ces fléaux ce serait magnifique, mais si vous ne pouvez rien faire ce n’est pas grave, merci d’être venu nous visiter. »

C’est ainsi que j’ai commencé à devenir un ami des afars et que j’ai mis mes forces et ma compétence au service de cette amitié.

Voilà ce qu’il me paraissait pertinent de dire au stade actuel de l’action que j’ai initiée là-bas.

Il ne s’agit donc pas, tant s’en faut, de l’organisation d’une action humanitaire. Il s’agit d’une action de solidarité internationaliste dans un de ses avatars possibles, l’aide au développement d’un peuple en perdition du fait de son absence de d’autonomie et de son caractère rebelle.

J’y reviendrai.

 

 

 



[1] L’humanitaire et ses ambiguïtés

par Laurine D. étudiante en sciences politiques Ecole, université : IEP Aix-en-Provence

[2]Claire MOUCHARAFIEH : Pour une nouvelle philosophie de l’action humanitaire

 

Par el sirachaire - Publié dans : mission en pays Afar
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Vendredi 6 mai 2011 5 06 /05 /Mai /2011 15:55

J’ai eu trois fois vraiment honte de mon comportement dans la vie au point que je m’en souvienne. D’autres fois sûrement mais je n’en ai quasiment aucun souvenir. Le péché qui déclenchait ma honte devait être de l’ordre des péchés véniels ou en tout cas je me suis pardonné sans problème.

 

Mais ces trois là ne passent pas. Et s’ils ne passent pas c’est que la honte que j’éprouve a été causée par des compromissions qui finalement pour moi sont pires que des péchés : des fautes. Et je dis bien compromissions, pas compromis.

 

La première fois, ce fut à l’occasion de l’oral de 3éme année de médecine. J’avais fait un excellent écrit et l’enjeu était le classement pour l’externat.

Or j’étais Président de l’UGEM-UNEF de Montpellier et Secrétaire de Ville de l’UEC. Cela n’aurait pas du avoir une incidence sur un classement universitaire dans une démocratie moderne et dynamique. Mais je me méfiais et je voulais mettre toutes les chances de mon côté. Les conseils ne manquaient pas de la part de mes proches. Pour le travail universitaire on parlait d’emploi du temps, de repos nécessaire, de planches à revoir en dernière minute etc…

 Et puis il y avait le look, l’aspect extérieur quoi. Et il est vrai que je ne m’en préoccupais pas beaucoup à ce moment-là si tant est que je m’en sois jamais préoccupé. De plus (les photographies d’époque le montrent abondamment) je ressemblais à s’y méprendre au terroriste Carlos. J’étais abondamment barbu et noir de poil. Et, me dit-on, le jury n’aimait pas les barbus. Il fallait que je me rase. Eh bien, croyez-le ou pas, je me suis rasé. Et c’est la peau lisse que je me suis présenté à l’oral de 3éme année, et que je me suis retrouvé 3éme sur la liste d’attente. A deux ou trois centièmes de point. Collé quoi ! Et quelques jours plus tard un professeur d’université me suggérait, si je voulais « passer les concours », de changer de fac, car ici je serais toujours sur la liste d’attente. C’est aussi la peau lisse que j’ai retrouvé ma doudou sur un quai de gare, où elle ne m’a pas reconnu. Je n’ai plus jamais touché un rasoir de ma vie.

 

La deuxième fois, j’étais un gynécologue-accoucheur confirmé, installé, auteur de plusieurs ouvrages sur la spécialité, directeur de l’enseignement d’un diplôme que j’avais créé à l’Université de Perpignan ; j’avais organisé un Congrès et une série de colloques sur les pratiques de ma profession, j’étais membre du Collège National de ma spécialité, je pratiquais mon art d’une manière originale et je publiais régulièrement mes travaux dans des revues professionnelles. Je pouvais aligner plus d’une centaine de publications duverses.

Il me vint à l’oreille que, pour mettre en exergue des médecins non universitaires qui apportaient du nouveau dans le profession, le bureau européen de GO organisait un concours dit d’excellence européenne.

Bien que j’eusse dû me méfier, je cédai à la tentation de la gloriole et je m’inscrivis au concours. Pré-admission, admissibilité se passèrent sans problème. Le jour du concours venu, j’appris avec plaisir qu’un de mes amis proches, universitaire de haut niveau, siégeait au jury.

Je me présentai donc et développai ma théorie sur le fonctionnement du bassin au cours de l’accouchement, théorie complètement originale et susceptible de renouveler la vision de la pratique obstétricale. Au deuxième passage, je développai ma théorie de la maladie gravidique, terme que j’avais créé plusieurs années auparavant pour rendre compte des problèmes posés par la pré éclampsie en relation avec d’autres pathologies comme le diabète gestationnel et la MAP.

Le seul candidat pour lequel le jury délibéra ce fut moi. Il y eut 2 votes, dont le dernier à bulletin secret, pour finalement me recaler sur le motif suivant mis en avant par un des membres du jury :  « si on lui donne cette excellence, que va-t-il en faire ? » Je le sais parce que mon ami membre du jury me l’a dit.

 

La troisième fois est plus récente. Elle est d’ailleurs liée à l’existence de ce blog. Elle est aussi liée à l’activité que je déploie depuis 2 ans en pays Afar pour contribuer à aider mes ais en responsabilité là-bas à enrayer l’effroyable morbi-mortalité maternelle et infantile. Pour mener à bien cette « mission », j’ai non seulement payé de ma personne et de ma poche, j’ai sollicité mes amis proches, j’ai constitué un collectif d’associations qui a bénéficié d’une certaine adhésion, d’aides à l’organisation et même d’aides financières. Et puis bien sûr, j’ai tenté de solliciter des partenaires potentiels, fondations et ONG œuvrant dans le domaine de la médecine humanitaire. C’est alors qu’un de mes proches, au fait de mes écrits et billets d’humeur sur mon blog, me conseilla vivement de gommer tout ce qui pouvait avoir une connotation politique ( et il y en avait…) car cela pouvait avoir un effet négatif sur les décisions des partenaires sollicités. Et croyez le ou pas, je l’ai fait. J’ai accepté de castrer mon image numérique pour qu’elle reflète du lisse, du convenable, du non-barbu, du non-terroriste.

Résultat : après deux ans d’activité en pays afar, j’ai installé un hôpital dont le niveau technologique est probablement un des plus élevés d’Éthiopie, j’ai organisé un réseau de soins en formant plus de 200 soignantes traditionnelles, et commencé à distribuer des médicaments essentiels à la prévention de la morbi-mortalité maternelle. Mais des organisations contactées, en dehors de félicitations convenues, je n’ai pas reçu la moindre aide, ni bien sûr le moindre fifrelin. Les ONG humanitaires françaises sont bien ce que je subodorais : des agences de voyage pour un cercle d’amis et connaissances cooptés, les fondations et organismes internationaux des institutions destinées à dépenser au mieux de leurs intérêts des budgets probablement pas très extensibles.

Seule l’ambassade de France en Éthiopie fait exception notable. Et je ne saurais trop en rendre grâce à SE J-C Belliard dont l’appréciation positive de notre travail, le soutien constant et l’aide y compris financière, ont été un élément déterminant du succès de cette entreprise.

 

Alors RAS LE BOL !

 

Je vais certes continuer à aider mes amis afars, avec le seul soutien de mes amis catalans, des associations partenaires, et des afars qui se mobilisent sur place, mais je vais revenir à mon blog, je vais reprendre ma liberté de parole, ma liberté de ton.

Ainsi ceux qui ne nous ont pas aidés auront un prétexte valable (que va-t-il en faire ????) pour continuer à faire la sourde oreile à nos demandes,  et ceux qui me connaissent et m’ont apporté leur soutien ne seront pas plus surpris.

 

Gràcies à tots i fins una altra.

 

El Sirachaire.

Par el sirachaire - Publié dans : Billet d'humeur
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